mercredi 29 octobre

Mercredi poème

MERCREDI

Mon coeur tonne quand il te voit
Entends-tu mon coeur t'appeler?
Reine de coeur, silence roi
Couchons l'hiver au ciel d'été
Rions fort de notre insouciance
Effaçons les ponctuations!
Dit-on Amour ou Inconscience?
Il faut prendre une décision!

La muse aux mots doux

Je vivais dans un monde au bleu obscur
Lorsqu'une attentionnée femme vint m'émouvoir à l'extrême,
Deux sabres verts, transperçant mon armure,
Des cheveux blonds, une auréole, même,
Vinrent tous ensembles m'éblouir
Me faisant même pousser des ailes,
Moi, canari dont le coeur chavire,
Partant rejoindre les hirondelles.
Cet oiseau fou, Patou, c'est moi.
Et cette rieuse muse, fille de clarté,
Tu le sais, Quinette, je le vois.
Laisse-moi à ton âme m'abandonner.

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mardi 28 octobre

poème de Jacques Prévert

Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger ...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert

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Poème d'Arthur RIMBAUD

Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

Arthur Rimbaud

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lundi 27 octobre

Poème de Théophile Gautier

A de beaux yeux verts

Vous avez un regard singulier et charmant ;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;

Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;
Ils sont de plus belle eau qu'une perle parfaite,
Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,
Ne voilent qu'à demi leur vif rayonnement.

Mille petits amours, à leur miroir de flamme,
Se viennent regarder et s'y trouvent plus beaux,
Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.

Ils sont si transparents, qu'ils laissent voir votre âme,
Comme une fleur céleste au calice idéal
Que l'on apercevrait à travers un cristal.

Théophile GAUTIER

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Poème de Charles Baudelaire

A celle qui est trop gaie

Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.

Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
De tes bras et de tes épaules.

Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes toilettes
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.

Ces robes folles sont l'emblème
De ton esprit bariolé ;
Folle dont je suis affolé,
Je te hais autant que je t'aime !

Quelquefois dans un beau jardin
Où je traînais mon atonie,
J'ai senti, comme une ironie,
Le soleil déchirer mon sein ;

Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la Nature.

Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,

Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,

Et, vertigineuse douceur !
A travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T'infuser mon venin, ma soeur !

Charles BAUDELAIRE

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Poème de Charles Baudelaire

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cour qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cour qu'on afflige,
Un cour tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un cour tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles Baudelaire

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Poème de Pierre de Ronsard

Ode à Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

Pierre de Ronsard

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Poème de Paul Eluard

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu,
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseau du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul Eluard

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samedi 25 octobre

Poème de Lily

Les rêves d’un chat

C'est l'histoire d'un chat

Qui trottait sur les toits

C'était son lieu favoris

Pour lui, c'était le balcon de la vie

Il aimait y regarder les passants

Il les trouvait vraiment fascinants

Il voulait tellement leur ressembler

Qu'un jour d'une étoile descendit une fée

Elle dit : " Je vais réaliser ton voeu,

Tu pourras rire et faire comme eux. "

Notre petit héros se changea alors,

En un homme grand et fort.

Tout heureux il parti à l'aventure

Et concevait déjà son futur.

Ayant l'estomac dans les talons

Se dirigea chez le marchand de poissons.

Il rentra et se servit un Cabillaud

Et le planqua sous son manteau

Commençant à partir en courant

Suivi de près des cris du marchand.

Notre pauvre héros se fit arrêter

Par les policiers qui lui couraient après

Ainsi fait, le mirent en prison,

" Finir ici pour un poisson ! "

Notre homme-chat était bien las

Et repensait à ses chers toits

Quand la fée lui refit son apparition :

" Tu ne te plaisais pas dans la population ? "

" Si mais ce sont tous des gens bizarres,

Surtout je trouve très avares.

S'il te plaît, je veux redevenir comme avant,

Je volerais les poissons plus simplement. "

Et la fée exauça son souhait

Puis redevint ce qu'il était.

Repartit par les toits de sa prisonnière

Il n'était plus qu'un chat de gouttière.

J'aimerai me changer en chat

Pour pouvoir trotter sur les toits

Ce serait mon lieu favoris

Je serai aux premières loges du balcon de la vie.

Poème de ma cousine- S. LILY -

http://lily.blog.mongenie.com/

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mardi 21 octobre

Poéme de jules Verne

La cloche du soir

La barque s’enfuyait sur l’onde fugitive ;
La nuit se prolongeant comme un paisible soir
A la lune du ciel pâle, méditative,
Prêtait un doux abri dans son vêtement noir ;

Dans le lointain brumeux une cloche plaintive
Soupire un son pieux au clocher du manoir ;
Le saint bruit vient passer à l’oreille attentive,
Comme une ombre que l’œil croit parfois entrevoir ;

A la pieuse voix la nacelle docile
Sur l’onde qui frémit s’arrête, puis vacille,
Et sur le flot dormant, sans l’éveiller, s’endort ;

Le nautonnier ému d’une main rude et digne
Courbe son front ridé, dévotement se signe…
Et la barque reprend sa marche vers le port.

 

Quand par le dur hiver

Quand par le dur hiver tristement ramenée
La neige aux longs flocons tombe, et blanchit le toit,
Laissez geindre du temps la face enchifrenée.
Par de nombreux fagots, rendez-moi l’âtre étroit !

Par le rêveur oisif, la douce après-dînée !
Les pieds sur les chenets, il songe, il rêve, il croit
Au bonheur !- il ne veut devant sa cheminée
Qu’un Voltaire bien doux, pouvant railler le froid !

Il tisonne son feu du bout de sa pincette ;
La flamme s’élargit, comme une étoile jette
L’étincelle que l’œil dans l’ombre fixe et suit ;

Il lui semble alors voir les astres du soir poindre ;
L’illusion redouble ; heureux ! il pense joindre
A la chaleur du jour le charme de la nuit.

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