dimanche 19 octobre

poème de Guillaume Apollinaire

Le pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venez toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains resteront face à face
tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire

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poème de Jacques Prévert

Page d'écriture

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le cour
il dit oui à ceux qu'il aime
il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur

Prévert Jacques 

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Poème de Paul Verlaine

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même,
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cour, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème 
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? _ Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Paul Verlaine

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Poème de Paul Verlaine

Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon cour
Comme il pleut sur la ville
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cour ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits
Pour un cour qui s'ennuie
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cour qui s'écoure
Quoi ! Nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cour a tant de peine


Verlaine Paul

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jeudi 02 octobre

Poème de Charlotte Serre

FEUILLE D'AUTOMNE

Feuille d'automne
Bijou vermeil
Qui tourbillonne
Dans le soleil,
Flambe l' automne
Pourpres et ors
Qui vermillonnent
Tel un trésor.

Feuille dansante
Dans le vent fou
Qui, frissonnante
Tombe à genoux
En la supplique
Des feux mourants,
Mélancoliques
Dans leurs tourments.

Sème l' automne
Sur les étangs
Combien s'étonne
Le cygne blanc
Qui, sous les aunes
S' en va glissant.
L'air monotone
Va s'imprégnant.

Dans les vallées
Au cœur saignant
Taches rouillées
Feuilles de sang,
Les feuilles mortes,
Les souvenirs
Vont en cohorte
Semblant s'unir.

Ces fleurs du rêve
Tombent en pleurs
Avec la sève
D' anciens bonheurs.
Les feuilles mortes,
Leurs parfums lourds
Ferment la porte
De nos amours.

Charlotte Serre

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Poème de Charles Baudelaire

Chant d'Automne    

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe
Tout l'hiver va entrer dans mon être : colère
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe

J'aime de vos longs cheveux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! Soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur soyez la douce éphémère
D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.

Courte tâche ! La tombe attend, elle est avide !
Ah ! laissez-moi mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,
De l'arrière-saison le rayon jaune et doux !

Charles Baudelaire

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Poème de Jean-Claude Brinette

Couleurs d'Automne

 

Arbres remplis de fruits qu'en cette saison la nature
Nous donne généreusement !
Gaieté dans les vignes où les raisins bien mûrs
Sont cueillis en chantant.
Premiers brouillards et champignons cachés des bois
Nonnettes voilées, bolets bais...
Sous les noyers les enfants cherchent les dernières noix
Que le vent fait tomber.
Dans un grand champ un percheron retourne la terre
En fumant des nasaux
Pendant qu'une volée d'oiseaux se battent à l'arrière
Pour quelques vermisseaux !
De temps à autre, des aboiements cassent le silence
Mêlés de coups de feu ...
Cache-toi petite biche des chasseurs sans clémence,
Si tu veux vivre heureuse,
Dans les sous-bois colorés et les arbres chargés
D'or, de feu et d'argent.
Tes amis les cerfs se battent comme des enragés,
Pour toi, jeune et charmante !
Pourtant chaque soir le soleil rétrécit sa course
En voyageur pressé.
Et chaque nuit : la Petit' Ours se colle à la Grand' Ours
Sans jamais renoncer !
Premiers cheveux blancs qu'on voit dans un miroir
Dès l'automne de l'âge,
Derniers vols d'hirondelles qui sentent venir le froid
Et partent vers les plages...
C'est la rentrée, les marrons sont tombés ; les feuilles
Voltigent au vent du Nord
L'enfant tout joyeux saute, les poursuit et les cueille
En sortant de l'école,
Et des plus belles couleurs, il s'en remplit les mains,
Puis les porte à sa mère,
Qui pour ne pas décevoir, garde précieusement :
Ce trésor éphémère

Jean-Claude Brinette

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Poème d' Alphonse de Lamartine

Rêves d'Automne

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encore, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

 
Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui
Je me retourne encore et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme et m'aurait répondu ? ...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyr ;
A la vie, au soleil, ce sont là mes adieux ;
Moi, je meurs et mon âme au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

(Alphonse de Lamartine)

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Poème de Micheline Boland

MATIN D’AUTOMNE

La brume m’a prise dans ses filets,
M’a protégée,
Renvoyée à moi-même,
M’a offert des histoires,
Ses histoires où se fredonnent l’amour,
L’amitié, la joie ou la peine.

La brume m’a saisie par la main
Pour m’offrir des paysages neufs,
Des fantômes inconnus
Inventés à partir du flou d’une forme.

Puis la lumière a appareillé,
Accrochant aux histoires
Plus de passion,
Plus de force ;
Distillant aux paysages
Plus de précision,
Plus d’épaisseur,

Rendant familiers les fantômes.

Micheline Boland

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jeudi 25 septembre

Poème

Monte avec moi dans mon canot

Et permets-moi de t'emmener

Avec douceur au fil de l'eau

Sur la rivière de l'amitié

Chassons d'un souffle les nuages

Qui moutonnaient sous le soleil,

Vois défiler le paysage

Et parcours 1001 merveilles

Imprègne-toi de la nature,

De la vie, du vent... tu entends?

Le clapotis de l'eau murmure

Quelques mots tendres et apaisants.

Ecoute les oiseaux rieurs

Laisse leur musique t'envoûter:

Savoure ces moments enchanteurs

Sur la rivière de l'amitié

Installe-toi confortablement

Découvre la sérénité

D'un monde fertile et verdoyant

Dont les richesses te sont données

Ferme les yeux, sens la fraîcheur

De l'eau qui coule entre tes doigts

Regarde, sur la rive, les pêcheurs

Assis avec leur canne en bois

Comme eux, laissons couler le temps

Et cessons même de pagayer

Suivons les caprices du courant

Sur la rivière de l'amitié.

Oublie tout, laisse-toi dériver

Chasse un à un tous tes soucis

Ne pense plus aux mauvais côtés

Qui assombrissent parfois la vie

Ne pense à rien, laisse-toi griser

Par les éclaboussures d'écume

Dont la blancheur va effacer

Chagrin, rancœur et amertume

Je t'offre un moment de douceur,

Une trêve dans ce monde insensé

Viens, laisse un peu voguer ton cœur

Sur la rivière de l'amitié

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Je trouve ce poème magnifique, il vaut le coup d'être lu

malheureusement je ne sais pas qui est l'auteur

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