vendredi 16 juillet

ABANDON

ABANDON

       

Je suis un chien perdu, un chien abandonné.

On m’a pris tout l’amour que je pouvais donner.        

Il y a bien des jours que je suis vagabond.

Mes maîtres bien-aimés, si gentils et si bons,        

En partant en congé la semaine dernière,

M’ont je ne sais pourquoi, jeté par la portière.        

Je croyais à un jeu, un peu cruel peut-être,

Mais j’ai vu tout à coup leur auto disparaître.        

Et je suis resté là au milieu de la route.

J’étais endolori, la culbute, sans doute.        

Cependant j’ai couru, couru à perdre haleine,

En aboyant très fort, pour qu’enfin, ils reviennent.        

Ce fut en vain, hélas !ne m’entendirent pas.

Et je suis malheureux, et je ne comprends pas.        

Bien sûr, je deviens vieux, je n’y vois plus très bien.

Ah, qu’il est loin le temps, où encor jeune chien,        

Ayant touché le coeur de la petite fille,

Je faisais mon entrée au sein de la famille.        

J’étais choyé alors, et rien n’était trop beau.

On me comblait d’honneurs, de baisers, de cadeaux.        

Quand je devins plus grand, je n’ai pas oublié,

On m’accrocha au cou un superbe collier.        

Je n’étais pas peu fier quand ma jeune maîtresse,

M’emmenait promener en me tenant en laisse.        

J’appris à faire le beau à leur donner la patte,

A lancer un ballon, à cacher des savates,        

A ne pas aboyer quand c’était défendu,

A revenir au pied, à rester étendu        

A faire le gardien près du petit berceau,

A jouer au cheval, les enfants sur mon dos,        

Bref, pendant des années, jusqu’à ce jour fatal,

Ce fut le grand bonheur, ineffable, total.        

A présent c’est fini, je ne suis que douleur.

Je ne leur en veux pas, ils n’avaient pas de coeur.        

Mais je me sens bien las, j'ai froid, je suis mouillé.

Seigneur, je voudrais tant retrouver un foyer.        

Je me ferai petit, ne tiendrai pas de place.

Je sais, je ne suis pas un chien de bonne race,        

Mais pour peu que l’on m’aime et que l’on me caresse,

Je ne demande rien qu’un peu de gentillesse.        

Que de ce noir chagrin, bien vite, on me délivre,

Et qu’on me rende enfin ma joie, ma joie de vivre.        

Je suis un chien perdu, un chien abandonné,

Pourtant,j’ai tant d’amour encore à vous donner.        

  Renée Jeanne Mignard       

 

pspcreationdogs65        

 

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jeudi 15 juillet

Poème george Sand

À Aurore

La nature est tout ce qu'on voit,
Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime.
Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit,
Tout ce que l'on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l'aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu'on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t'aime.
La vérité c'est ce qu'on croit
En la nature c'est toi-même.

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lundi 07 juin

Petit poème : Le coquelicot

coquelicot

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vendredi 07 mai

Poème de LAMARTINE

le_papillon__Alphonse_de_Lamartine_

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vendredi 30 avril

Poème de Victor Hugo

Premier Mai

muguet



Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d'autres choses.
Premier mai ! l'amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
L'arbre où j'ai, l'autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ;
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
L'atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine,
Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime !
Sur le ravin, l'étang, le pré, le sillon même,
Font des taches partout de toutes les couleurs ;
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
Et tous les billets doux de son amour bavard,
Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
Tout semble confier à l'ombre un doux secret ;
Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait
Qu'au nord, au sud brûlant, au couchant, à l'aurore,
La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants,
Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

Victor Hugo  (1802-1885)

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vendredi 09 avril

POEME

LES DEUX AMIS

Deux vrais amis vivaient au Monomotapa :

L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre.

Les amis de ce pays là

valent bien, dit-on, ceux du nôtre.

Une nuit que chacun s'occupait au sommeil

et mettait à profit l'absence du soleil,

un de nos amis sort du lit en alarme ;

Il court chez son intime, éveille ses valets,

Morphée avait touché le seuil de ce palais.

L'ami couché s'étonne ; il prend sa bourse et s'arme,

Vient trouver l'autre et dit : Il vous arrive peu

de courir quand on dort, vous me parraissiez homme

à mieux user du temps destiné pour le somme.

N'auriez vous point perdu tout votre argent au jeu ?

en voici ; S'il vous est venu quelque querelle

J'ai mon épée, allons. Vous ennuyez-vous point ?

Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre point,

Je vous rend grâce de ce zèle ;

Vous m'êtes, en dormant, un peu triste apparu ;

J'ai craint qu'il ne fut vrai, je suis vite accouru,

Ce maudit songe en est la cause.

Qui d'eux aimait le mieux ? Que t'en semble lecteur ?

Cette difficulté vaut bien qu'on la propose.

Qu'un ami véritable est une douce chose !

Il cherche vos besoins au fond de votre coeur.

Il vous épargne la pudeur

de les lui découvrir vous-même.

Un songe, un rien, tout lui fait peur

quand il s'agit de ceux qu'il aime.

JEAN DE LA FONTAINE

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vendredi 19 mars

Premier sourire du printemps

Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d'or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s'en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l'amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges,
Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l'oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d'argent du muguet.

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d'avril tournant la tête,
Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "

Théophile Gautier (1811-1872)

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vendredi 05 mars

Poème "Le Moulin au printemps"

Le_moulin_au_Printemps__Alphonse_de_Lamartine_

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jeudi 04 mars

Poème de Théophile GAUTIER

Théophile GAUTIER (1811-1872)


Premier sourire du printemps

violette
Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d'or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s'en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l'amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges,
Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l'oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d'argent du muguet.

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d'avril tournant la tête,
Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "

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mardi 02 mars

Poèmes de BAUDELAIRE sur les chats

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De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’on soir
J’en fus embaumé, pour l’avoir
Caressée une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il Dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,
Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement



Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,
Tant son timbre est tendre et discret;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.
Cette voix qui perle et qui filtre,
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.
Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a plus besoin de mots.
Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,
Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux!





LA PRIÈRE DU CHAT

Mon maître, mon ami
Toi qui m'offre la douce quiétude de ton foyer.
Respecte mon goût de la liberté
Et ne m'enchaîne à toi
Que par les sentiments qui nous lient.
Ta présence fait mon bonheur,
Mais je médite;
Ne cherche pas à deviner mes pensées
J'ai gardé le goût sauvage du secret.
Ne trouble pas mon sommeil,
Il est nécessaire à mon équilibre.
Et lorsqu'à toi je viens
Donne moi abondance de caresses.
Pour mon péché de gourmandise pardonné
Te sera acquise toute mon amitié.


(Charles BAUDELAIRE)

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